Adduction 3
Nicolas Graner
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Version publiée dans le livre « Je suis le Ténébreux ».

El Desdilord

Allez, venez, Milord, le veuf, l'inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine : ici c'est confortable.
Laissez-vous faire, Milord, et mon luth constellé
Porte le soleil noir et vos pieds sur une chaise.

Dans la nuit du tombeau vous ne m'avez jamais vue ;
Je ne suis qu'une fille du port de la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant quand vous passiez hier.
Vous n'étiez pas peu fier quand la rose s'allie !

Suis-je Amour ou Phébus flottant sur vos épaules ?
Vous aviez le beau rôle, le baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte auprès d'une demoiselle.

Et j'ai deux fois, vainqueur... j'en ai froid dans le coeur !
L'amour ça fait pleurer, sur la lyre d'Orphée,
Les soupirs de la sainte pour les reprendre après.

Georgeard Mousterval


Une moitié de chaque vers provient de la chanson "Milord" (paroles de Georges Moustaki, musique de Marguerite Monnot, écrite pour Édith Piaf), l'autre de "El Desdichado".


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