| Bestiaire 7 Frédéric Schmitter |
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Je suis l'invertébré, le ver dans le mûrier, Cet arbre de Provence à la mûre amollie. La belle dame est morte — était-ce en février ? En voile de soie noir, elle semblait jolie ! Dans la nuit du tombeau comme en mon nid douillet Nous dormons rassurés, ma très douce Ophélie Les feuilles tant mâchées avec un bruit mouillé Et ce fil qu'on dévide, à ta robe me lient. Suis-je larve ou bombyx ? Le magnan des mûrons ? (Ces fruits sont rouges, lors ils font de l'éthylène) J'ai rêvé de ce moule où chante le Styrène Et j'ai deux fois vainqueur tissé les pôles ronds Du cocon d'où j'entends, dans les bras de Morphée, Les murmures sans fin de la soierie griffée. |
Jacques de Roberval — Les animaux déshérités
D'après le sonnet "les vers à soie" de Jacques Roubaud. Voir aussi la version "Bestiaire 6", ainsi que de nombreuses autres variations autour de ce sonnet sur le site de Zazipo.