| Épitaphe 2 Nicolas Graner |
|
|
Je suis le ténébreux gai comme un sansonnet, Le prince d'Aquitaine insoucieux et tendre. Ma seule étoile est morte. Comme un triste Clitandre, Un jour il entendit de la mélancolie. Dans la nuit du tombeau il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à la mer d'Italie ; Et puis, sans s'émouvoir à mon coeur désolé, Au fond du coffre froid à la rose il s'allie. Suis-je Amour ou Phébus, à ce que dit l'histoire ? Il laissait trop sécher le baiser de la Reine, Il voulait tout savoir : où nage la sirène ? Et, quand vint le moment, traversa l'Achéron Un soir d'hiver. Enfin sur la lyre d'Orphée Il s'en alla disant : « Et les cris de la fée ? » |
Une moitié de chaque vers provient du sonnet "Épitaphe" de Gérard de Nerval, l'autre moitié de "El Desdichado".