Fable
Gilles Esposito-Farèse
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Version publiée dans le livre « Je suis le Ténébreux ».

Le Grand-Duc et le Cafard

Prince aquitain, sur sa tour abolie,
Possédait un luth constellé.
Le soleil noir de la Mélancolie
Vint désespérer l'isolé :
« Au secours ! nocturne tombeau.
Rendez-moi l'Italie et ses monts en lambeaux !
Sans mentir, si votre vignoble
Se rallie à vos fleurs si ñobles,
Vous êtes le Phébus de la souche Biron. »
À ces mots caressants, rouge devient son front ;
Et pour rêver de la sirène,
Il entre dans la grotte, et module son thrène.
Orphée saisit la lyre, et dit : « Cher Lusignan,
Apprenez que tout gagnant
Pourra deux fois traverser l'Achéron :
Il suffit de gémir comme le saint patron. »
Le beau veuf, obscur et râleur,
Cria, mais un peu tard, comme un ensorceleur.

Gean de Nervalène


Parodie de la fable "le Corbeau et le Renard" de Jean de La Fontaine.


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