| Parfumé Alain Chevrier |
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Je suis "Le Ténébreux", - tout neuf, - le dernier né, Le Prince des parfums, ou l'anti-patchouli : Une étoile en cristal clôt mon flacon stellé Qu'orne le soleil noir de la Mélancolie. Dans la nuit du boudoir, toi qui m'as débouché, Respire les senteurs de la mer d'Italie, La fleur qui plaisait tant à mon coeur* révélé Et le muscat ou l'ambre à la rose s'allie. Suis-je Hermès ou Guerlain ? Givenchy ou Caron ? J'ai imprégné le front de l'amant de la reine... J'ai rêvé dans ma grotte au musc de la sirène. Et par deux fois je fus nommé "Numéro Un De l'Année" en mêlant dans mon orgue à parfums L'arôme de la sainte** au bouquet de la fée.*** |
Nez rare de Gerval
* "Coeur" s'entend ici au sens qu'il a en parfumerie : après la "note de tête", la "note de coeur", où se révèle l'essence même du parfum.** On reconnaît là la fameuse "odeur de sainteté" (odor sanctitatis), que les spécialistes rapprochent de celle de l'encens.
*** Cf. le poème "Apparition" de Mallarmé où la fée laisse tomber "de blancs bouquets d'étoiles parfumées".