| Penible Nicolas Graner |
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Je suis le dangereux, le keuf invétéré, Prince des Hauts-de-Seine, en ma tour à l'abri. Moi seul ai poigne forte, et mes amis jurés Portent chemise noire ou veste vert-de-gris. Dans l'ennui, mes fachos sont tout déboussolés : Rends-moi Pétain Philippe et l'amère Algérie, La peur qu'on flanquait tant (ah, les beurs désolés !), Le treillis où l'on rampe et les héros salis. Dura-four ? Jeu, rébus... Mi-geignant mi-Néron, Mon Front met tous d'accord : le baiser et la haine. J'ai viré démagogue et rangé la gégène... Et j'ai, ma foi, vainqueur, renversé les barons ! Mordant au premier tour, en délire, j'offrais Les sourires de feinte et les cris qui effraient. |
Version composée au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle française du 21 avril 2002, qui a vu pour la première fois un candidat d'extrême-droite accéder au deuxième tour.