Rimbaldien
Didier Bergeret
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El Desdichado ivre

Comme je descendais le veuf, l'inconsolé,
Je ne me sentis plus à la tour abolie :
J'étais insoucieux de mon luth constellé
Et des taches de vin de la Mélancolie.

Plus léger qu'on bouchon, toi qui m'as consolé,
Dévorant les azurs et la mer d'Italie,
Plus forte que l'alcool à mon coeur désolé...
L'aube exaltée ainsi à la rose s'allie.

J'ai heurté, savez-vous, Lusignan ou Biron,
L'âcre amour m'a gonflé du baiser de la reine,
Et j'ai vu quelquefois où nage la sirène !

J'ai vu des archipels, traversé l'Achéron,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que la lyre d'Orphée
Dans les clapotements et les cris de la fée.

Gerthur de Nerbaud


La première moitié de chaque vers provient de "le Bateau Ivre" d'Arthur Rimbaud, la seconde de "El Desdichado".


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