Sonnet combinatoire de lui-même

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
l'Angoisse, ce minuit, porte, appogiature,
maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
qu'une amphore du rien cinéraire n'obture

sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
aboli bibelot d'insensible murmure,
(car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
avec ce seul objet que le Néant n'emmure.)

mais proche la croisée au nord vacante, une Ur
agonise selon peut-être clair-obscur
des licornes ruant du feu contre une nixe,

elle, défunte nue en le miroir, azur
que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
de segmentation sitôt le glaive sûr.

« Je crois que notre bon Mallarmé est parfaitement potentiel » disait Raymond Queneau. Celui qu'il nomme Stèphe dans « Les fleurs bleues » n'avait-il, notamment, fait éclore la poésie combinatoire ? Car ce sont bien les « Œufs de Pâques » qui annonçaient « Cent mille milliards de poèmes ».

Ombre tutélaire où l'on aura composé, ci-dessus, 5 textes souches d'après le « Sonnet allégorique de lui-même » :

... sonnets qui se scindent chacun en 2 blocs :

On compte alors 5 blocs en « X » compatibles avec les 5 blocs en « R ». Il en résulte 5 × 5 = 25 versions du « sonnet combinatoire de lui-même ». Cliquez sur le bouton « Un autre » ; hé hé, s'affichera parfois la nouveauté de demain : l'original de Mallarmé !

À la façon du grand Stèphe, les quatrains élargissent - autant que possible - la rime à la consonne d'appui.

Robert Rapilly