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Retour vers Le cothurne étroit

Besoin de vélo (2010)

En 2010, Zazie mode d'emploi a proposé de jouer avec le texte suivant :

Le vélo est l'école du vent. On compte deux sortes de vents cyclistes : le vent objectif et le vent relatif. Le premier est celui que fabrique la mécanique du monde et le second est l'œuvre du cycliste tout seul. Son chef-d'œuvre, pourrait-on dire, car plus il est rapide, plus le cycliste fabrique du vent.

Le vent du monde est celui qui nous vient de face. Contre lui, je ne connais pas d'autre remède que l'amitié et la solidarité. Le jour où vous prenez un grand vent du nord bien installé dans la pipe, rien ne vaut un camarade aux larges épaules. Vous vous faites petit derrière lui et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez qu'il s'écarte pour vous céder le relais et aller au charbon à votre tour.

Paul Fournel, Besoin de vélo, Seuil, 2001.

Toutes les contributions sont visibles sur le site Zazipo. Les miennes sont également reproduites ci-dessous.


Le large habit de mon équipier zélé nous protège des deux vents acharnés (un objectif, un relatif), mais son K-Way vous irait mal.

Panscrabblogramme, texte composé avec les 102 lettres d'un jeu de Scrabble français (les jokers remplacent un N et un S).


Trois suffocantes journées de vélo nous ont conduits dans l'école d'Annan, pays des Vents Éternels. L'air toujours en mouvement charrie des effluves tantôt objectifs, tantôt relatifs, et transporte une fine poussière couleur de rouille qui finit par enrayer la mécanique du monde. Son sifflement lancinant ne s'arrête jamais, au point d'interdire le passage des cyclistes dans la rue. Le Manuel de la Rose des Sables raconte que si le vent devait cesser un jour de souffler, les cyclistes pourraient accomplir des chefs-d'œuvre.

En Annan, au jour de la première brise du nord, l'enfant qui vient d'apprendre à pédaler tire au hasard une pierre d'argent hors d'une sacoche de toile.

Sur cette pierre est gravé son devenir d'adulte. Le sort désigne aussi bien sa place dans le peloton, l'identité de ses coéquipiers, le nombre de ses victoires d'étapes que la date de sa chute. Certains sont destinés à se faire tout petits derrière leurs camarades, d'autres attendront banalement que ça passe, quelques-uns enfin iront au charbon. Mais aussi terrible que soit leur destin, tous les cyclistes d'Annan s'y conforment à la lettre, sans amertume ni révolte.

Nous avons fait part à notre guide de notre étonnement. Il a souri.

— Se prendre un grand vent dans la pipe n'est rien si l'on sait que l'on va bientôt céder le relais.

Paul Le Fournelier, Besoin de mémoire, Seuil International, 2001,5.

Hybridation entre Besoin de vélo et Annan, le texte de Zazie mode d'emploi en 2006.


Le cinéma est l'école de l'érotisme. On compte deux sortes d'érotisme cinématographique : l'érotisme pornographique et l'érotisme artistique. Le premier est celui que réclame le corps du spectateur et le second est l'œuvre de l'esprit tout seul. Son chef-d'œuvre, pourrait-on dire, car plus il est éduqué, plus l'esprit réclame de l'érotisme.

L'érotisme pornographique est celui qui nous heurte de front. Contre lui, je ne connais pas d'autre remède que l'amour et la sensibilité. Le soir où vous tombez sur un gros porno japonais bien installé dans la pipe, rien ne vaut un partenaire à l'esprit large. Vous vous faites petit derrière lui et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez qu'il s'écarte pour vous céder le relais et aller au charbon à votre tour.

Paul Forniquel, Besoin de love, Seul, 1969.


Le vélo est le lieu du vent. On peut voir du vent à vélo dans deux cas : le vent réel ou le vent à soi. Il y en a un qui est fait par tout ce qui se meut, et un qui est dû au type à vélo lui-même. C'est à ça qu'on voit s'il est fort, en un sens, car plus il va vite plus il fait du vent.

Le vent réel est le vent qui nous gèle la face. Sur lui, je ne vois rien à dire à part qu'il faut un bon ami avec qui on a un lien fort. Le jour où on se tape un gros vent du nord bien calé dans la pipe, rien ne vaut un pote au cou dodu. On se love dans son dos et on prie d'en voir vite la fin. En fait, dès qu'il se met sur le côté et nous cède la main, on va au turf à son tour.

Paul Four, Je veux un vélo, Œil, 2001.

Aucun mot n'a plus de quatre lettres.


Le vélo d'abord

Non ce n'était pas un touriste,
Un dilettante, ce cycliste
C'était un vrai mordu du sport
Vrai mordu du sport
En semaine et les jours de fête
Il quittait pas sa bicyclette
Il s'appelait Raymond Poulidor
Raymond Poulidor

Quand il se prenait dans le pif
Un grand coup de vent relatif
Il pédalait encore plus fort
Oui encore plus fort
Il créait tout seul sa rafale
C'était une vraie cathédrale
Son chef-d'œuvre, sa médaille d'or
Raymond Poulidor

Il aimait pas être premier
Il connaissait que l'amitié
Comme remède au vent du nord
Merde au vent du nord
Mais quand par solidarité
Il fallait prendre le relais
Il rechignait pas à l'effort
Raymond Poulidor

Parodie de Les copains d'abord de Georges Brassens.


Le cycle est une académie éolienne. L'arithmétique éolienne cyclique est dimorphe : exogène et endogène. L'un est un phénomène géomécanique et l'autre est rythmé par l'énergie autochtone du cycliste. Une authentique thaumasie, car la cinétique éolienne est synchrone avec sa tachymétrie.

L'éolien exogène est épicéphalique. L'alpha et l'oméga de mon catalogue thérapeutique sont la sympathie et la synergie. Quand la météo vous cristallise une atmosphère arctique dans le siphon, rien ne vaut un symbiote platyomique. Vous vous faites microscopique dans son périmètre en fantasmant que le cataclysme sera éphémère. En toute hypothèse, vous chronométrez jusqu'à ce qu'il se catapulte en périphérie pour vous laisser aller au graphite en autonomie.

Paul Caustique, Cyclophilie, Oudos, 2001.

Hypertrophie d'hellénismes : tous les mots significatifs sont d'origine grecque.


Le clou est le centre de la vanité. On apprécie deux clans de vanités cyclistes : la vanité matérielle et la vanité insuffisante. L'auteur est celui qui farfouille l'inconscient de l'aristocratie et le témoin est l'allégorie du cycliste tout sauvage. Son travail, pourrait-on vomir, car plus il est violent, plus le cycliste farfouille de la vanité.

La vanité de l'aristocratie est celle qui naît de la croix. Près d'elle, je n'embrasse pas d'autre charme que le commerce et la charité. La fissure où vous figez une confortable vanité boréale bien investie dans la fellation, rien ne vaut un poteau aux pattes complaisantes. Vous vous faites méchant envers lui et vous redoutez que ça coule. Plus proprement, vous redoutez qu'il déborde pour vous sauter le restaurant et toucher la pustule à votre coude.

Paul Imbécile, Affaire de clou, Fleur, 2001.

Chaque mot est remplacé par un synonyme, si l'on en croit le dictionnaire des synonymes du CRISCO.
Les mots « cycliste » et « Paul » ne figurent pas dans ce dictionnaire, non plus que « Fournel » auquel on a substitué « fourneau ».


Le vélo est un voyage dans le vent. On voit deux variétés de vents à vélo : le vent véritable et le vent vécu. Le véritable est celui que véhicule le vortex de la vie et le vécu est la valeur du vélocipédiste à vide. Sa vanité, si l'on veut, car plus il va vite, plus le vélocipédiste véhicule du vent.

Le vent véritable est celui qui vous vient au visage. Envers lui, je ne vois pas vingt viatiques, rien que la vigueur et la volonté. Le vendredi où un vent violent vous vrille le visage, rien ne vaut un voisin aux vertèbres viriles. Vous vous voûtez derrière lui et vous faites le vœu que ça vire vite. Plus vraisemblablement, vous voyez venir votre vengeance, quand vous lui volerez la vedette en vous vantant de votre victoire.

Victor Vournel, Vive le vélo, Volet, 20020.

Tautogramme : tous les mots significatifs commencent par un V.


Le vélo s'avère l'école de la bise. La bise de vélo, tu la catégoriseras à ta façon : ici ça sera la bise positive, là, la relative. La positive dérive du mecano généralisé, la relative révèle la vivacité du fana de la pédale. Ça fera des épates à l'étape car on y repèrera l'image de sa célérité.

La bise positive s'amène de face. Je m'en isole par une dose maximale de solidarité. Si ce samedi tu te tapes une méga bise, si ça te gèle la pipe, tu vas aviser un ami viril et il opinera. Tu te feras une petite cabane de ce dos et imagineras une fin. À mon avis, il ira de côté, te cèdera le sale job, et ici tu te le taperas, isolé.

Pâle Mâle, Vive le vélo, Sol, 2001.

Rigidité de l'okapi : les consonnes et les voyelles alternent.


Le V est l'emblème du vainqueur.
Le vacarme est l'enfer du vacancier.
Le vagabond est l'équivalent du va-nu-pieds.
Le vaporetto est l'embarcation du Vénitien.
Le varioleux est l'échec du vaccin.
Le vasoconstricteur est l'espoir du variqueux.
Le Vaudois est l'ennemi du Valaisan.
Le vaudou est l'église du Venezuela.
Le vaurien est l'enfant du voisin.
Le vautour est l'expert du vol.
Le védisme est l'enseignement du vitalisme.
Le vélin est l'épiderme du veau.
Le vélo est l'école du vent.
Le velours est l'élégance du vêtement.
Le verbe est l'élément du vocabulaire.
Le vermillon est l'envers du vert.
Le vers est l'émanation du verset.
Le Verseau est l'ère du verbiage.
Le vertébré est l'évolution du ver.
Le vertige est l'effet du vide.
Le vestibule est l'emplacement du vestiaire.
Le vétérinaire est l'employé du vacher.
Le veto est l'élimination du vote.
Le Viandox est l'exemple du viatique.
Le vibrato est l'essence du violon.
Le vibromasseur est l'ersatz du vit.
Le vicaire est l'émissaire du Vatican.
Le vice est l'effroi du vertueux.
Le vidrecome est l'exagération du verre.
Le vieillard est l'érudit du village.
Le vigneron est l'éleveur du valpolicella.
Le vin est l'esprit du verjus.
Le violet est l'extrémité du visible.
Le violoniste est l'épigone du virtuose.
Le virtuel est l'exaltation du vécu.
Le visa est l'encadrement du voyage.
Le viveur est l'enragé du vagin.
Le vizir est l'égal du vice-roi.
Le voile est l'écrin du visage.
Le voïvode est l'épouvante du Valaque.
Le vorace est l'esclave du ventre.
Le VTT est l'entraînement du volleyeur.

Autres propositions, par Didier Bergeret :

Le vasistas est l'ébauche du Velux.
Le vermicelle est l'entrecôte du végétarien.
Le vinyle est l'enregistrement du vieux.
Le volant est l'engrenage du véhicule.
Le volapük est l'esperanto du Vénusien.
Le volet est l'emmerdement du voyeur.

Toutes les phrases sont bâties sur le modèle : Le V... est l'E... du V..., comme la première phrase de l'original.


La politique est l'écoute des sondages. On compte deux sortes de sondages politiques : le sondage quantitatif et le sondage qualitatif. Le premier est celui que l'on fabrique pour tout le monde et le second est destiné au Président tout seul. Son obsession, pourrait-on dire, car plus il est impopulaire, plus le Président commande de sondages.

Le sondage quantitatif est celui qu'on publie dans les journaux. Contre lui, je ne connais pas d'autre réponse que le mépris ou le bouc émissaire. Le jour où vous prenez une grande campagne de dénigrement bien orchestrée dans la presse d'opposition, rien ne vaut un premier ministre au dos large. Vous vous la fermez et vous attendez que ça passe. Plus précisément, vous attendez que sa cote s'effondre pour faire remonter la vôtre en allant à la télé à votre tour.


Le vélo est mort, vive le quad !

L'Ecole du vent réouvre ses portes au public à partir du mois de février et multiplie les projets. On compte deux comme s'il s'agissait d'un, on compte trois comme s'il s'agissait d'un.

Deux sortes de vents — ceux du mythe d'une part, et le vent coranique. Cyclistes, le vent est un obstacle qu'il ne faut pas sous-estimer. Objectif et profil des consultants. Le vent relatif est un terme technique utilisé dans l'aéronautique ou l'aérodynamique.

Le premier est un être parfait et le plus parfait de tous. Celui que fabrique ton ami il est quasi impossible aux « condés » de savoir qu'il n'est pas d'origine. La mécanique du monde et les mystères de la pesanteur se livrent à leurs menues occupations. Le second est abondamment pourvu de protoplasme.

L'Œuvre du Christ pour l'Écoute et la Consolation. Cycliste tout seul, sans pouvoir profiter des autres pour l'emmener un peu. Son chef-d'œuvre est de retour sur les planches. Pourrait-on dire, car il nous semble difficile de trouver dans cet intermède quelque chose de positif. Plus il est rapide, plus la souris a des problèmes. Plus le cycliste sera coordonné et relâché, plus il pourra bénéficier de ces phases de récupérations.

Fabrique du Vent — Compagnie Théatrale Professionnelle. Le vent « coule » comme une rivière dévalerait une pente d'une montagne. Du monde est venu me voir. Celui qui nous vient de l'Être suprême, celui que nous contactons durant nos méditations et notre sexualité, celui qui nourrit notre conscience. Face contre terre, vidéo humour : un skateur se ramasse méchamment sur le trottoire après être descendu d'une pente en herbe.

Lui est un magazine pour adultes créé en novembre 1963 par Daniel Filipacchi. Je ne connais pas d'autre ressource moderne, ni en anglais ni en français, regroupant une telle gamme de sujets utiles, et les expliquant de façon si claire et si accessible à un large public. Remede.org est un carrefour intergénérationnel entre étudiants et professionnels du monde de la santé, une communauté francophone mouvante qui échange informations et services dans la bonne humeur.. Que pensez-vous de ce poème ?

L'amitié et les sciences, de Descartes à Lévi-Stauss. La solidarité est présente dans les textes constitutifs de l'Union. Le jour où le Web refusa le navigateur Internet Explorer 6. Vous prenez votre retraite ?

Un grand vent du Nord a balayé tous les nuages, le ciel est redevenu clair. Bien installé dans sa vallée, ce festival de musique grappille petit à petit le public qu'il souhaite. La pipe a souvent inspiré les peintres. Rien ne vaut la douceur du foyer est un roman policier de Mary Higgins Clark. Un camarade aux yeux brillants et aux cheveux roux, qui était toujours disposé à une espièglerie de quelque sorte.

Larges ou Etroites — Autres couleurs {Bleu, Argent, Noire, Rouge, Violet, Gris, Or,...}. Épaules de lapin fondantes sur leur coussin de polenta et tomates séchées.

Vous vous faites petit à petit un nom dans le championnat grâce à vos talents de buteur. Derrière lui en haut le soleil brille. Et pourquoi pas Coline : blog mode et beauté. Vous attendez que les poules auront des dents pour réagir ? Ça passe pour LA, les Lakers se sont imposés après prolongation à Houston la nuit dernière. Plus précisément de l'IP Trunking c'est à dire du VoIP entre deux PABX uniquement. Vous attendez qu'ils soient impliqués et partie prenante du développement, qu'ils sachent entraîner, convaincre, organiser et fédérer.

Il s'écarte mais... voilà, revient se poser plus franchement. Pour Vous, un lieu destiné à satisfaire les désirs et à panser les plaies des hommes et des femmes suffisamment riches pour y avoir recours. Céder une fois à la foule, c'est lui donner conscience de sa force.

Le Relais et le Bistro. Aller au charbon signifie que l'on doit accomplir une tâche fort désagréable, ou encore que l'on doit travailler très durement pour gagner sa vie. A votre tour d'agir !

Paul Fournel est un écrivain français, né le 20 mai 1947 à Saint-Étienne. Besoin d'une web cam pour mes exploits érotiques. Vélo, quand tu nous tiens ! Seuil de tolérance à la douleur. 2001: A Space Odyssey.

Chacune de ces phrases figure parmi les premières pages trouvées par Google quand on cherche les mots en italique. Lesquels mots en italique, mis bout à bout, reconstituent le texte original.


© Nicolas Graner – 2010

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Dernière modification le 15/06/2013.