Les textes précédents gagnent à être parcourus au hasard et sans idée préconçue. À titre indicatif, voici ceux que j'ai le plus de plaisir à relire ; vous n'êtes évidemment pas obligé de partager mes goûts.
Avatars de Nerval / Un gascon nasillard / La Constitution / Désabonnez-moi / Shéhérazade / Grisaille / Puissance et misère / Le jeu des deux questions.
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Point de contraintes fausses ! Mais que pour marcher droit Tu chausses, Muse, un cothurne étroit. |
| Théophile Gautier (1811-1872), L'Art. |
Écrivains et poètes savent depuis fort longtemps qu'imposer des contraintes à leurs créations en augmente souvent la beauté. Selon Théophile Gautier, la dureté de la matière assure la pérennité de l'oeuvre, en poésie aussi bien qu'en sculpture.
Qu'il s'agisse de contraintes formelles, comme celles qui régissent le sonnet et les autres poèmes à forme fixe, ou de contraintes sémantiques, comme la "règle des trois unités" de la tragédie classique, la grande littérature regorge d'illustrations du pouvoir de la contrainte arbitraire et librement consentie.
Mais c'est avec l'Ouvroir de Littérature Potentielle (Oulipo) que la contrainte devient un objet d'étude et d'expérimentation systématiques et collectives. Tout en popularisant la littérature à contraintes à travers des oeuvres dont la qualité littéraire est incontestable, l'Oulipo ne dédaigne pas les créations plus "potentielles" que "littéraires". Ces jeux oulipiques peuvent avoir pour objet de suggérer des voies d'approche ou des contraintes nouvelles aux écrivains à venir, de vérifier l'intérêt d'une contrainte sur une échelle réduite avant d'attaquer une oeuvre plus importante, d'étaler son savoir-faire en réalisant une prouesse technique, ou plus simplement d'amuser ou d'étonner le lecteur - et le plus souvent tout cela à la fois.
Le présent site se réclame résolument de cette approche ludique. Qu'on ne s'attende donc pas à y trouver de la Littérature avec une grande aile. Les textes regroupés ici ont été écrits essentiellement pour le plaisir de les écrire ; ma seule raison pour les mettre à la disposition du public est l'espoir que les visiteurs retrouvent à leur lecture une partie de ce plaisir.
Parce que la forme est contraignante,
l'idée jaillit plus intense.
Charles
Baudelaire (1821-1867), à propos du sonnet.
Ces pages s'articulent autour d'une sélection de textes originaux respectant diverses contraintes. Chaque texte est accompagné d'une explication précisant la ou les contrainte(s) respectée(s) et donnant d'autres informations utiles à sa compréhension.
Il y a deux façons de découvrir ces textes :
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie...
Pierre Corneille (1606-1684), Le Cid, acte I, scène 6.
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